protéger les poignets dans les postures de yoga

Dans notre vie moderne, nous n'utilisons plus guère nos poignets et nos mains (et je vous le dirais tout autant de nos hanches, mais ce serait digresser...) dans toutes leurs possibilités articulaires, passant la majeure partie de notre temps en flexion (ou en semi-extension) des poignets et des doigts, que ce soit au volant, au téléphone, sur la souris ou le clavier de l'ordinateur ou du smartphone, à mailer, texter, cliquer, double-cliquer etc..., infligeant à nos phalanges et poignets des tâches répétitives et des micro-mouvements pour lesquels nos articulations n'ont pas été conçues. Et le tristement célèbre Syndrome du Canal Carpien (SCC) est aujourd'hui selon la HAS (Haute Autorité de Santé), le trouble musculo-squelletique le plus répandu en Europe, aux Etats-Unis et au Canada. En France, ce sont 130 000 personnes qui se font opérer chaque année de ce syndrome, ne pouvant pas toujours reprendre le (même) travail...


le SCC est l'irritation ou la compression du nerf médian du poignet

Et dans ce contexte pourtant, dès lors que nous sommes au tapis, nous espérons faire mieux, faire plus, faire trop ? Car certaines postures de yoga en effet sollicitent les poignets dans leur capacité d'extension maximale (mains à 90° des avant-bras), comme c'est le cas dans tous les quatre-pattes et dérivés : mārjārīāsana (chat), aśvasaṇcālanāsana (cheval), caturaṇgadaṇḍāsana (planche), urdhva- ou adho-mukhaśvānāsana (chien tête en haut / tête en bas), quand on ne vient pas mettre tout le poids du corps sur le talon des mains (dans bakāsana, le corbeau, Aṣtāvakrāsana, la posture du huit-fois-tordu, vīparita karaṇī mudrā, la demie chandelle bassin dans les mains... par exemple). 
Alors, si je veille toujours à protéger ces articulations en vous faisant garder le poids du corps le plus en arrière possible dans les postures quadrupèdes, dans les postures d'équilibre sur les mains (que, pour cette raison nous pratiquons peu...), cela n'est évidemment plus faisable... Et si, pour une majorité d'entre-vous ces appuis ne font pas problème, d'autres sont plus sensibles : si vous avez une profession manuelle (tout travail à la chaîne, mais aussi du bâtiment où l'on voit de plus en plus de femmes, couturière, coiffeuse, hôtesse de caisse, femme de ménage, musicien(ne)...) ou si tout simplement vous êtes enceinte (les oedèmes de grossesse viennent parfois comprimer le nerf médian du poignet), il est probable que vous ne puissiez pas prendre toutes ces postures sainement.
 
Pour savoir où vous en êtes, un petit test en "décharge" (sans le poids du corps) :
Dans le geste du praṇam, de mettre les mains en prière devant la poitrine, pouvez-vous garder la base des poignets collée tout en amenant les avant-bras à l'horizontale (comme sur la 1ère photo), ou bien êtes-vous obligés de séparer les poignets (les paumes ? les doigts ?...) pour descendre les bras, comme sur la deuxième photo ?



Si vos paumes ont du mal à rester jointes de la base des mains au bout des majeurs (avant-bras horizontaux, j'insiste...), le degré d'extension actuel de votre poignet ne vous permet pas de venir complètement sur les mains, épaules à l'aplomb des poignets. Bien évidemment si vous avez des douleurs, des picotements dans les mains et les doigts, le jour, la nuit, vous ne pouvez pas non-plus... Mais, devez-vous pour autant vous abstenir de toutes ces postures sur les mains ? Pas nécessairement, grâce à ce support... :



Ce petit pan incliné va permettre de réduire l'angle entre l'avant-bras et la main, protégeant ainsi votre poignet d'une trop grande extension : maintenant que j'en ai assez pour tout le monde, c'est un accessoire très apprécié de mes élèves boulangères (j'en ai plusieurs, et qui font du très bon pain, on ne voudrait pas les voir arrêter de sitôt...) !

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