trouver plus d'équilibre dans les postures sur un pied...

Le yoga est en soi voie d'équilibre. D'équilibre en toute chose... Qu'il s'agisse de nos émotions, de notre alimentation... ou de notre corps..., le yoga nous enseigne à rester au centre, au juste milieu, sur le fil de la vie. Aussi, les postures sur un pied, qui miment notre capacité à rester centrés au tapis, sont-elles devenues emblématiques de cette discipline. Emblématiques, elles sont aussi parfois "problématiques", à prendre ou à tenir, mettant le corps au défi. Chaque posture a ses propres adaptations individuelles, mais les quelques astuces que je vous donne ici vous permettront de trouver plus de stabilité dans toutes les postures ekapāda en général où il n'y a presque "plus de sol"...



Les appuis :
 avant tout, pratiquez sur un sol plat et ferme : si votre tapis est trop épais (ce qui est très bien pour la relaxation, moins pour la stabilité du pied), tentez de prendre la pose à côté, directement sur le sol. 
Et, pour les mêmes raisons, n'oubliez pas de retirer vos chaussettes...
 tant que vous manquez d'assurance, pratiquez près d'un mur auquel vous pouvez vous tenir et progressivement, vous apprendrez à compter moins sur le mur que sur votre jambe d'appui. Progressivement, vous ne ferez plus que frôler le mur de la main (ou du dos selon les postures), puis vous vous en éloignerez petit à petit. Mais au début, comme à la piscine quand on apprend à nager, on est mieux près du bord... Cela vaut aussi quand on est enceinte, que notre centre de gravité est déporté par rapport à notre ressenti habituel, et qu'il vaut mieux ne pas prendre le risque de tomber...
 enraciner ce que l'on appelle en yoga "les quatre coins du pied", à savoir : la base du gros orteil, la base du petit orteil, et les bords externe et interne du talon. De cette manière, votre pied lui-même est équilibré, ni en pronation (versant sur le bord interne, voûte plantaire affaissée), ni en supination (avec plus de poids sur le bord externe). 
Bien-sûr, cela vaut aussi quand on est sur ses deux pieds...
 sans mettre de poids sur les orteils, écarquillez-les en éventail puis reposez les au sol, de manière à avoir une surface de sustentation (une base), plus grande, plus large.



Plus d'astuces :
 incluez les postures d'équilibre au début de votre pratique lorsque vous êtes plus "frais" et alerte qu'en fin de cours lorsque vous commencez à fatiguer.
 fixez un point devant vous, sur le mur, au-dehors par la fenêtre, au plafond (ici dans ardhacandra)... ou regardez le bout de vos doigts, en gardant le regard horizontal (ici vertical) et détendu. L'oeil - ainsi que l'oreille interne - est l'un de nos organes d'équilibre... Ne fermez pas les yeux si vous avez des difficultés à vous tenir sur un pied (l'on dit bien "bon pied, bon oeil"...)
 lorsque vous avez la sensation de vaciller, placez les bras en balancier de chaque côté du corps.
 micro-pliez le genou de la jambe d'appui pour descendre un peu votre centre de gravité. 
Plus il est bas, plus vous êtes stable.
 amenez la pointe de la langue au palais en khecarī mudrā.
 activez les muscles abducteurs de la hanche et de la fesse porteuses (petit glutéal, moyen glutéal et muscle tenseur du facia lata - muscles également actifs dans la phase unipède de la marche) pour garder le bassin de niveau et solidifier votre hanche. Il faut sentir que "ça travaille" à l'extérieur de la hanche.

Puis, à mesure que vous pratiquerez, vous prendrez l'habitude de travailler plus finement et vous vous en remettrez bientôt plus à l'alignement de votre squelette sur la ligne de gravité qu'à la contraction de vos muscles... En yoga postural, c'est de géométrie sacrée dont il s'agit. Et c'est toujours l'alignement du corps que l'on cherche, du corps et de l'être entier, sur cette "perpendiculaire de Dieu", ainsi que disait si joliment le poète André Breton...

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