méditation, relaxation : ça me chatouille, ça me gratouille...

Comme me le faisait remarquer une élève du cours de relaxation, il arrive quelquefois, qu'une fois que, voilà, l'on s'est confortablement et consciemment installé(e) pour méditer - ou pour se relaxer, un certain endroit de notre corps se manifeste tout à coup, et se mette à nous démanger (à nous déranger...), alors qu'il y a une minute encore, il ne se faisait absolument pas remarquer...


Pourquoi ça gratte ?
En dehors de toute pathologie irritative : allergies, rougeurs, eczéma, psoriasis, boutons de moustiques (fréquents en Inde...), si "ça vous gratouille" lorsque vous vous asseyez pour méditer ou que vous vous allongez pour vous relaxer, ce n'est sûrement pas par hasard... "Yogaḥ cittavṛtti nirodhaḥ", a dit le grand ṛṣi Patañjali : le yoga est l'arrêt des perturbations du mental... Le yoga est l'arrêt du mental, pourrait-on encore raccourcir. Et si vous ne connaissiez pas l'aphorisme de Patañjali, votre terminal cérébral, lui, sent, sait très bien ce qui l'attend si vous persévérez dans vos méditatives pratiques... Aussi les juge-t-il comme dangereuses, et il essaie de vous empêcher de vous y consacrer. Alors, une fois que toutes les excuses "rationnelles" ont été épuisées (je n'ai pas le temps, pas l'endroit, c'est trop difficile, je n'y arrive pas, ça ne marche pas pour moi...), et que malgré tout, vous vous y êtes mis(e), en dernier ressort, le mental s'allie au corps pour faire en sorte (ne me demandez pas comment) que ça vous gratte (chatouille, picote...), bref, pour provoquer une sensation assez irrésistible, qui pourrait bien vous faire sortir de votre concentration...

Que faire quand ça gratte et que l'on a commencé ses exercices intérieurs ?
De deux choses l'une... Ou bien vous décidez de bouger, franchement, et de gratter pour de bon l'endroit en question... Ou bien, et cela est sans doute préférable (la méditation étant par essence ne pas agir, ne pas ré-agir...), vous ne faîtes rien... Vous observez simplement la sensation, tout en continuant de respirer, consciemment, et vous attendez qu'elle passe... Car, comme le constatait elle-même mon élève : et puis, si je ne fais rien, ça finit par passer. C'est l'impermanence enseignée par le Bouddhisme : rien ne dure, tout phénomène est passager. Et le bouddhisme nous donne aussi une méthode à adopter si toutefois vous décidiez de quand même, vous gratter... Grattez-vous, certes, mais, pour ne pas perdre tous les bénéfices de votre exercice, grattez-vous en conscience. Voici ce que préconisait le moine birman Mahāsi Sayādaw : tout d'abord, maintenir l'esprit sur cette partie du corps, et noter mentalement "démangeaison". Si la sensation devient si forte que vous ayez l'intention de vous gratter, notez mentalement "intention". Levez doucement le bras, en notant l'action de lever et de toucher lorsque la main se pose sur l'endroit irrité. Frottez doucement, en ayant toute conscience de ce mouvement. Lorsque la sensation disparaît, notez votre intention de retirer votre main : "retrait". Puis lorsqu'elle se repose à sa place, sur votre jambe, le sol, ou dans votre autre main, notez "toucher". Et, à nouveau, revenez à la sensation de votre respiration, ou à tout autre objet de votre méditation.

(image du blog let's go healthy)

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