leçon de yoga façon playmobil

Il y a quelque temps déjà, les petits amis et élèves Lili et Thierry publiaient ceci...
Je gardai donc depuis lors l'idée de cet article à écrire, en guise de remerciement à leur gentille attention...

Alors, si je ne ferai jamais faire de pose sur la tête au Thierry de chair et d'os comme le fait son playmo-avatar, 
il y a d'autres postures, d'autres mouvements à tout le moins, qui nous sont accessibles et que pourtant nos répliques Playmobils font mieux que nous, qui avons une colonne vertébrale souple et sommes pourvus de coudes et de genoux... Articulés a-minima, ces petits personnages qu'on appelait au début "klickies" (parce qu'ils font clic quand on les change de position j'imagine...), s'ils n'ont guère gagné en souplesse depuis 40 ans, ont l'avantage de nous faire bien comprendre où sont les charnières de notre corps, et où nous devrions plier pour ne pas abîmer, par exemple notre dos, en faisant par exemple, du yoga...


dans le coffre à jouet de notre fille, on trouve plutôt playmobelle que playmobil...

Que font-ils mieux que nous ?
 lever les bras sans monter les épaules : c'est une image que j'emploie souvent dans les séances, "l'antépulsion du playmobil", afin que, lorsque les mains montent vers le ciel, les épaules restent basses, assises, détendues.
 se baisser en pliant à la charnière des hanches : ce qui permet à notre modèle de réaliser très justement "le bâton", daṇḍāsana, une posture difficile pour nous humains qui plus est occidentaux, aux ischio-jambiers souvent très rétractés... Ou bien un adhomukhaśvānāsana (un chien tête en bas) jambes tendues sans compromettre le bas de son dos (et si Mlle Playmo ne pourra jamais poser les talons au sol faute de chevilles, son bassin est juste, et c'est la priorité dans cette posture).
 garder le dos "droit" dans les assises : une seule, la précédente, lui est accessible, mais elle est parfaite, et sans l'once d'un support, le bas du dos ne s'arrondit pas... Elle pourrait même dans ce bâton, lever les bras (point 1) tout en restant impeccablement assise (point 2), et sans non-plus trop creuser entre les omoplates, sans sortir exagérément la poitrine ou le sternum.
 tourner les poignets sans faire participer les avants-bras (bon, depuis 1982 seulement, avant quoi les mains des playmobils étaient fixes...), et c'est un mouvement que je vous fais faire quelquefois : tourner les poignets sans laisser de crispation remonter plus haut, dans les bras, les avant-bras, les épaules, pour préparer les postures à quatre-pattes, ou en appui sur les mains.
 trouver la ligne cheville / hanche / épaule / oreille dans une "planche" (non photographiée).
 garder cette même ligne dans tāḍāsana, la posture debout (non photographiée).
 tourner la tête en gardant le cou, la nuque, dans l'axe du dos : c'est-à-dire sans avancer le menton vers l'épaule, et c'est très important pour préserver la colonne cervicale. Dans toutes les postures où l'on tourne la tête (guerriers, demi-lunes, triangles...), et il faut y veiller encore plus dans les torsions (lorsqu'il y a rotation du bassin par rapport aux épaules), ce que la demoiselle est bien incapable de faire, car somme toute son répertoire postural est assez limité... "Playmobelle" ne fera jamais une chaise, un chat, une pince, un lotus, un arbre, une posture de gros orteil à la main, que sais-je encore, un praṇam (le geste de joindre les paumes)... Ni n'accédera jamais à la conscience. Or, si tous ces gestes sont importants pour nous, c'est justement qu'ils ne se font pas comme chez la figurine articulée, automatiquement, mais bien parce que, la juste réalisation de ces mouvements subtils, le juste alignement corporel de ces postures, requièrent toutes nos facultés d'attention, toute notre présence, toute notre conscience.

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