ortie for tout (ou pourquoi j'ai arrêté le thé et par quoi je l'ai remplacé...)

J'étais grande buveuse de thé. De thé vert, bien vert, bien amer...
Mais si l'on connait les - indéniables - vertus du thé, sa richesse en polyphénols antioxydants, vitamines C, fluor etc..., l'on sait moins que le breuvage (surtout s'il est consommé avant, après, voire pendant les repas) "mange" aussi le fer, 
cet oligo-élément dont nous avons absolument besoin pour oxygéner nos cellules, surtout si l'on est une femme jeune, menstruée, ou enceinte ; qu'il agresse les parois de la vessie (la faisant se contracter intempestivement alors qu'elle n'est pas pleine), et donc affaiblit les muscles du périnée ; et bien-sûr que la théine qu'il contient est un stimulant du système nerveux central qui, entre autres effets, accélère le rythme cardiaque, trouble la sensation de faim et satiété et donne une impression (artificielle) de clarté d'esprit et de regain d'énergie, un effet coup de fouet, qui retombera vite et qu'il faudra sans cesse réalimenter en en reprenant une autre tasse... Un vrai cycle d'accoutumance, incompatible avec la voie du yoga qui est voie d'équanimité, de stabilité de l'état intérieur, et bien-entendu voie de libération.



L'ortie m'a semblé un bon ersatz de mon (mes) thé(s) quotidien(s). Elle est très riche en minéraux : potassium, calcium, cuivre, magnésium, phosphore... et bien évidemment en fer ; en flavonoides (antioxydants), en vitamines (surtout A, B et C), et en protéines (l'ortie contient d'ailleurs tous les acides aminés essentiels, dont les fameuses lysine et méthionine qu'il faut veiller à équilibrer dans toute assiette végétarienne). De plus elle est alcalinisante, contrairement aux thés et cafés, qui sont acidifiants. Et puis, avantage non négligeable, elle pousse à foison autour de notre mobil-home, ce qui en fait une production absolument gratuite, fraîche et on ne peut plus locale : un don de la nature, ainsi que l'ont toujours vue la Grèce et l'Inde ancienne.

- la cueillir :
  Evidemment, l'urticacée est à prendre avec des gants... car à peine l'a-t-on effleurée que ses petits poils terminés de minuscules dards de silice nous feraient nous gratter la peau jusqu'au sang (un petit dixième de milligramme suffit à nous faire réagir apparemment), et je connais ces pleurs aigus montant derrière moi en promenade pour me dire "maman, je me suis fait piquée par une ortille "... L'on conseillera l'oignon, le vinaigre, le bicarbonate ou l'aloe vera pour faire passer la crise, la meilleure méthode étant encore de ne pas toucher à l'endroit "mordu" pendant une dizaine de minutes pour éviter de répandre les substances irritantes (histamine, acétylcholine, acide formique notamment).
Avec des gants de jardin donc, et un sécateur (ou des ciseaux). Les orties jeunes, vigoureuses, fournies, seront les meilleures, et comme pour le thé, l'on choisira de préférence les pousses du haut (le pekoe si vous voulez), cueillies dans un environnement non-pollué (le bord des routes n'étant pas forcément le meilleur endroit).

- la faire sécher :
  Une fois les orties cueillies, il faut les laver (on garde encore les gants), puis les mettre à sécher. Cet été, j'ai profité du rebord de nos fenêtres exposées plein sud, et en quelques heures, les plantes étaient sèches. Rapide, mais pour bien faire et garder toutes les propriétés des feuilles, mieux vaudrait un soleil moins direct. Depuis qu'il fait moins beau, j'ai un plein tamis d'orties à sécher au grenier, à l'ombre et à l'air filtrant de nos fenêtres délabrées (il faudra d'ailleurs que je trouve une autre solution une fois la maison rénovée)... Quand les orties sont sèches, émietter les feuilles (à mains nues cette fois) puis les mettre en sachets kraft pour les conserver (il faut BEAUCOUP d'orties pour quelques sachets)... 

- la préparer : 
  Quelques pincées de feuilles séchées dans le filtre de la théière, de l'eau chaude, et voici mon infusion du matin (personnellement j'en aime le goût nature, mais l'on peut ajouter quelques feuilles de menthe, sauge ou autre). 
Fraîche, sèche ou en poudre, l'ortie est aussi délicieuse en soupes ou cuisinée avec d'autres légumes à l'étouffée.
Elle est utile au potager (en "purin" - une macération de 15 jours qui sent très mauvais mais fertilise et protège les cultures des parasites) et quand il m'en reste un fond de théière bien vert, bien amer mais trop froid pour être bu, je l'utilise après le shampoing, en dernière eau de rinçage pour fortifier les cheveux. "Ortie for tout, et tout for-ti-fier" !

Alors c'est vrai, depuis 6 mois que je vis sans théine, j'apprécie toujours une bonne tasse de thé de temps en temps, lorsque je suis à l'extérieur, mais je n'en suis plus dépendante. Une (toute) petite libération parmi d'autres...

Commentaires

  1. Bonsoir, merci du partage! Je rencontre le même problème. Je me suis donc procurée des feuilles d'ortie chez mon pharmacien-herboriste. Pas de goût particulier pour cette tisane, ni amertume ou autre. La couleur de mon infusion est plus claire que la vôtre, mais j'ignore le temps de ramassage, séchage des feuilles que j'ai achetées.... Cela doit jouer aussi sur le goût, je pense.... Les orties que je pourrais utiliser en été sont malheureusement en bordure d'un champ de maïs en agriculture conventionnelle: pas top!!!
    Bonne fin d'année à vous et aux vôtres, à bientôt de vous lire.
    M-A

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  2. Bonjour chère M-A,
    je ne sais pas pourquoi je ne reçois votre message qu'aujourd'hui... la fin d'année paraît bien loin...
    merci en tous cas de votre commentaire. Il est certain que l'on ne maîtrise pas tout ce que l'on achète,
    et que pour les plantes à infuser en particulier, mieux vaut choisir une qualité bio, car les traitements pulvérisés sur les feuilles vont ensuite se répandre dans l'eau... que l'on boit. Cela vaut pour les orties, comme pour le thé... Quant à la couleur de votre infusion, il m'arrive de boire la mienne plus claire que sur la photo, selon le temps "de trempage"...
    Bon début d'année à vous alors... en espérant que vous "teniez" cette bonne résolution de l'ortie,
    cela fait vraiment une différence... Bien à vous, Gwenaëlle.

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