Mahāśivarātri 2013


Nous avons en Occident, fait de la lumière une allégorie du divin, une parabole de la conscience. Mais je ne crois pas que le sanskrit emploie le terme d'illumination : il dit mokṣa ou mukti (tous deux issus de la racine MUC qui veut dire libérer, délivrer) ou bien il dit, avec Patañjali, samādhi (disons état d'union) ou kaivalya (état de solitude, où ne subsiste que l'Un). 
Le sanskrit dit libération, mais ne dit pas lumière.


Car pour les shivaistes de l'Inde, aussi que pour beaucoup d'africains, "Dieu est noir". 
Il est noir non pas en termes de sa couleur de peau, mais noir en tant qu'il est nuit, qu'il est néant. Et de même que le noir contient toutes les couleurs, le rien contient le tout... Ou autrement dit : si la lumière révèle ce qui est, elle ne permet pas non-plus à autre chose que ce qui est là d'exister... Tandis que dans l'obscurité, tant que lumière n'est pas faite, tout est là, tout est possible...

Et c'est pour célébrer cette nuit de tous les possibles que chaque année à la nouvelle lune de mars (le 10 en 2013), l'Inde fête Mahāśivarātri : la grande nuit de Śiva
C'est parce qu'il existe en ce soir une potentialité plus grande de réalisation spirituelle, que ceux qui y aspirent réciteront le mantra du grand dieu : oṁ namaḥ śivāya.

Mais gare au Mahāmantra, car invoquant Śiva, c'est un dieu qui dissout que l'on appelle, un dieu destructeur, pas une force créatrice, ni continuatrice de ce qui est actuellement dans notre vie... à chacun de savoir si c'est ce qui lui va...


ॐ नमः शिवाय

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