Pourquoi je vous fais – souvent – lever les bras en expirant...

Pour comprendre pourquoi je vous fais faire ce simple geste à contre-sens semble-t-il de ce qui se pratique habituellement en cours de gym ou de yoga, il nous faut en revenir au mouvement du diaphragme. Au mouvement du centre du diaphragme précisément, qui, lorsque vous inspirez va descendre (schématiquement pour faire de la place dans les poumons) et lorsque vous expirez va monter (pour chasser l'air des poumons). C'est la logique du piston (imaginez une seringue, aiguille vers le haut : vous tirez vers le bas pour remplir, vous poussez vers le haut pour vider...).


Sauf que, mécaniquement, le diaphragme, étant, ainsi que l'attache des bras, relié à la cage respiratoire, il a tendance à être entraîné par le mouvement des bras (c'est évidemment pire si vous haussez l'épaule avec la main...). Et si donc vous montez les bras et le diaphragme avec en inspirant, vous êtes à l'envers : vous inspirez avec un diaphragme haut ! Le volume thoracique est étréci, les poumons ne trouvent pas d'espace en bas, l'air ne peut pas vous envahir... il ne peut que chercher de la place très haut, sous les clavicules, épaules et cage haussées. Et à l'expiration, que se passe-t-il ? Les côtes s'effondrent, provoquant une expiration par compression des poumons, et non par la remontée du muscle respiratoire comme ce devrait être...

les mouvements du diaphragme,
une image du site : http://xxi.ac-reims.fr

Aussi, lorsque je vous demande de lever les bras sur une expiration, il s'agit tout simplement d'aller dans le sens du diaphragme. De jouer de sa syncinésie avec le bras pour l'accompagner, pour l'aider dans son ascension. Voire même... de le faire monter un peu plus haut que ce qu'il aurait fait tout seul. Non-pas tant d'ailleurs pour le faire monter... que pour le faire descendre plus bas à l'inspiration suivante, et ce, de manière à apporter une vraie grande bouffée d'oxygène à toutes les cellules du corps.

Mais il est bien évident qu'il s'agit-là d'une forme de rééducation, le temps de retrouver une respiration physiologique, à l'endroit... et que si l'on est capable de tendre les bras au ciel sans contrarier le mouvement du diaphragme (vers le bas donc à l'inspire), nous pouvons ré-adopter cette inspire-monte plus conventionnelle, et notamment :
  • pour permettre une fluidité dans les enchaînements yoguiques comme le Sūrya Namaskār (la solaire salutation) ou dans des exercices plus simples de synchronisation du geste sur le souffle (en assise ou sur le dos par exemple),

  • ou bien pour s'installer dans un travail de visualisation de prāṇa / apāna, de l'énergie qui monte dans le corps à l'inspire, et redescend sur l'expire.

Mais d'ici là, ce petit travail d'expire-monte, nous aura permis déjà de déprogrammer un automatisme, de soulager un peu le périnée de toutes les pressions vers le bas, ainsi que de redonner son importance à l'expiration, ce temps respiratoire du don...


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