la légende de Patañjali

Je vous ai présenté déjà, Patañjali-auteur, père du yoga, "le Patañjali historique" en quelque sorte... Mais en rester là, au niveau de l'histoire linéaire des hommes, ne nous permet pas d'appréhender toute la dimension, toute la grandeur de ce Maître par tous les yogis vénéré... Petit détour donc, par la mythologie... Et d'abord, une question : 

Avez-vous "vu" Patañjali ?

Statue de Patañjali, Institut de yoga Iyengar, Pune, Mahârâshtra, Inde

Lorsque l'on représente Patañjali, on le montre généralement "ophidien", reptilien, ou à demi : avec un buste d'homme "vissé" sur une queue de serpent. Pour les pratiquants de yoga, ce serpent n'est pas, bien-sûr, sans évoquer kuṇḍalinī, l'énergie enroulée, qui en l'homme, attend son heure pour s'é- / l'éveiller... Mais chez Patañjali, ce serpent (visiblement "monté à la tête"), est là aussi pour nous rappeler Śeṣa, le cobra sans fin (on l'appelle aussi "Ananta") qui sert de couche à Viṣṇu, lorsqu'entre deux créations du monde, le dieu dort sur l'océan primordial. Car c'est Śeṣa, ("reste" du monde ancien, et germe de l'univers à venir), qui se serait incarné en l'auteur des yoga-sūtras, afin d'enseigner les hommes. Notons que dans moult traditions, le serpent est symbole de connaissance (même dans notre Bible, où il garde l'arbre éponyme)... En Inde, outre en Patañjali, le serpent Śeṣa se serait d'ailleurs aussi manifesté en Saṁkarṣana (le frère de Viṣṇu-Kṛṣṇa), littéralement "celui qui déchire"... quoi ? le voile de l'ignorance..., 
ainsi qu'entend le faire notre père du yoga.

comment naquit Patañjali :
Il était une yoginī, Gonika, qui n'avait pas d'enfant, et qui se désolait de ne pouvoir transmettre ses connaissances... Chaque jour, elle priait, pratiquait, afin qu'un fils lui soit donné... Un beau matin, alors qu'elle terminait ses ablutions au bord du fleuve, Gonika prit un peu d'eau entre ses mains, et l'offrit en oblation au soleil, Sūrya (c'est toujours le dieu que l'on prie en Inde quand on veut un fils...). Et lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle vit, dans le creux de ses paumes, un tout petit serpent (Śeṣa bien-sûr...), qui remuait, et qui tout aussitôt, prit forme humaine : Patañjali était né... 

Pat... Añjali.
  • Añjali, c'est ce geste, emblématique du yoga, qui consiste à joindre les mains. À les joindre paume contre paume (comme en praṇam ou en namaste), ou bien bord à bord, petit doigt contre petit doigt, les mains en coupe. 
    C'est le geste de donner... et de recevoir... le geste d'offrande.
  • Et Pat, en sanskrit, c'est "tomber". Il en reste certainement quelque-chose d'ailleurs, quand dans notre langue, nous disons "patatras" !

Étymologiquement, Patañjali est donc, "Celui qui tomba dans la coupe des mains"... Patañjali-Śeṣa, savant serpent, venu nous offrir ses sūtras, nous mettre son livre entre les mains, pour que nous œuvrions à notre transformation, à notre mue...



Praṇam...

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