"Om Srî Mahâganapataye namah"



Quoi que l'on commence (un voyage, un livre, un commerce, une maison... aujourd'hui un blog ?!), l'on commence toujours en Inde par cette adresse à Ganapati, le populaire dieu à tête d'éléphant, en qui l'on invoque alors, au début de toute chose, "le destructeur d'obstacles" : Vighnântaka, celui qui supprime (antaka) les obstacles (vighna), que ces entraves soient matérielles, ou spirituelles.
En yoga, discipline qui touche à ces deux pôles ("le corps et l'om", pourrait-on dire ici), le dieu au ventre rond est surtout révéré pour l'union (c'est le sens du mot yoga) qu'il incarne dans sa forme-même : un corps d'homme coiffé d'une tête de pachyderme... Notre nature humaine jointe à notre nature animale, interprète Jean-Claude Carrière dans son Dictionnaire amoureux de l'Inde... L'appel des forces de l'esprit à celles de la matière, dit en substance Jean Herbert... Le microcosme (le petit monde humain, en bas), relié au macrocosme (le grand univers divin, en haut), laisse entendre l'Upanishad de Ganapati...
Son énorme caboche, symbole de connaissance (qui, à l'évidence ici, n'est pas intellectuelle), Ganesha ne l'a pas toujours eue. Celui dont on célébrait "l'anniversaire" début septembre (le Ganesha Caturthî), naquit petit garçon "ordinaire", quoique conçu des émonctions (restes de rosée, poussières, onguents..., croit-on) du corps de Pârvatî, qui se créa ce fils lors de l'une des longues absences himalayennes de Shiva son époux. Lorsque celui-ci rentra et trouva, devant la porte de sa déesse, cet inconnu garde-du-corps qui lui barrait le passage, il lui trancha la tête ! À Pârvatî effondrée devant le jeune corps décapité, Shiva promit de remplacer la tête de l'enfant par celle du premier être vivant qu'il croiserait, et qui fut un éléphant... En sanskrit gaja : ga, le commencement et ja, la fin (au sens aussi d'aboutissement), traduisent certains.
L'om et l'oméga.

Commentaires